Je ne pouvais rencontrer personne sans lui confier que je l'aimais.
Le premier à qui j'infligeais cette déclaration mon camarade Mochèh, devient violet.
- Mais pourquoi dis-tu des stupidités pareilles !?
- Je ne dis rien de stupide. Je te dis que je t'aime.
- Mais on ne dit pas ces choses-là !
- Et pourquoi ?
Ma mère tenta de m'expliquer qu'il y avait une loi non écrite qui obligeait à taire les sentiments.
- Laquelle ?
- La pudeur.
- Mais, maman, il n'y a pourtant pas de temps à perdre pour leur dire qu'on les aime :
ils peuvent tous mourir, non ?
